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chroniques d'album
Chronique de l'album des Triskaa - auteur: Michel KEMPER
Parue le 16 septembre 2010 sur le webzine "Thou Chant"
Triskaa // TRISKAA
(15 titres, 63’48) 2010 Audiolune
C’est un duo, mais dont elle seule pousse la voix ; lui gratte les cordes mais pas que : clarinette, clavier, percus et basse, il fait tout, même parfois les chœurs. Lui, c’est Fabrice Ferro, qu’on a connu jadis dans l’aventure Da Capo Zirkus. Elle, Patricia Moreira, voix assez féerique, aérienne.
Dans ce premier opus, tout est déjà en place, tout. Tant qu’on se demande pourquoi Triskaa n’envahit pas les ondes tant l’intelligence, la sensibilité, la sensualité les y appellent. Les programmateurs ne doivent pas écouter les disques…
Une voix enjôleuse, envoûtante, légère, presque aérienne. Et fiévreuse, modulée à l’envi, qui oscille entre bohème et quelque chose qui n'est pas faire songer à la chanteuse Charlotte Marin. Un coup de foudre arrive pour moins que ça…
Il y a tout ici d’un romantisme populaire nimbé d’un solide bagage musical, du luxe d’un duo magnifique (des lyonnais encore…) qui, dès sa naissance, fait brio.
C’est un disque qu’on laisse à portée de main, à portée d’un lecteur cd, persuadé qu’il y a toujours, même après nombre d’écoutes, toujours quelque chose à découvrir. Il y a manifestement de la magie dedans !
Michel Kemper
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Chronique de l'album des Triskaa - auteur: J.P Gavard Perret
Parue le 13 août 2010 sur le site "les immortels"
Triskaa – Triskaa (2010 /Audiolune)
Les Triskaa n’ont pas à en faire des tonnes. Ils n’ont pas plus besoin de passer forcément par l’anglais pour leurs échappées belles. En 15 titres bien écrits et bien montés, le charme du couple opère à fond depuis la presqu’île entre Saône et Rhône. La voix sensuelle et modulée de Patricia Moreira n’y est pas pour rien. Elle passe du grave à l’aigu dans la fièvre et la force corrosive (”Rends moi folle”) ou dans la douceur tiède (dans “Autour du feu” ou “Drôle de voyage”) . Pour le reste, Fabrice Ferro assure : à la guitare comme à la clarinette, aux percussions comme aux claviers, à la basse comme à la programmation numérique.
Frissons, errances, ballades, mini symphonies pop, tout est bon dans ce bouchon lyonnais où l’humour crapule n’est pas absent. Le détournement d’un romantisme monnaie courante dans la chansonnette savonnette opère à fond chez ces dignes successeurs des Rita Mitsouko version postmoderne. Avec “Léon” ou “Les souliers” par exemple. La chanteuse y offre cet aveu que toutes les femmes peuvent apprécier et que certains hommes doivent accepter :
"Depuis qu’ma ligne est coupée
Les gros lourds et les ringues
J’ai plus besoin d’filtrer."
Dès 2008 – date de la constitution du duo – les Triskaa ont peaufiné leur album éponyme avec autant de légèreté et de fantaisie que de rigueur. La qualité des arrangements donne toute la dimension à une dérive existentielle vue par le prisme d’une sensibilité féminine aussi lucide qu’allumée. Sachant décliner le sérieux comme le dérisoire, Patricia Moreira signe 11 des titres. Fabrice Ferro commente de son côté dans les quatre autres les émois de son égérie pour en souligner par touches sonores les différents moments. Le tout dans une force de liesse ou d’abandon qui prend soin de ne pas déborder ou de se saborder lorsque l’amour déçu voudrait déglinguer les lignes mélodiques.
Voyager dans l’album revient à partir à la recherche d’une musique qui donne sens à la vie dans sa simplicité comme à sa profondeur, à la drôlerie comme à la dure réalité sans toucher à la vérité. Une telle aventure ne peut sans doute se vivre ailleurs que dans le cadre d’un duo en totale symbiose. Pour l’instant, il se rêve dans les méandres de sa french Pop et dans l’émotion émulsive de l’éphémère coloré de fièvre plus que de désillusion.
Le C.D. est donc une sorte d’autoportrait et de confession amoureuse. Aux soupirs, aux sourires et aux acidités de la chanteuse répondent les prouesses et les facéties d’un musicien prince charmant et « lutin de ses aurores ». Refusant les vieilles solutions, le duo crée des morceaux légers ou denses, nets ou brouillés. Y fusionnent les styles comme s’y infusent le concret et le rêve. Sans abuser de décibels, un tel CD plutôt que modeler module. On y pénètre avec délice. Noyau et pulpe. Essence et substance. Les Triskaa impressionnent (à tous les sens du terme). Et on attend déjà la suite. Longue vie.
JPGP
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